22 juillet 2008
Le Sarkozysme, c'est le régime du mépris généralisé
"Le Sarkozysme, c'est le régime du mépris généralisé"
Le Parisien 20 juillet 2008
Ségolène Royal vient de signer avec le sociologue Alain Touraine un livre chez Grasset : « Si la gauche veut des idées ». Elle l'a dédicacé hier chez elle, à Saintes (Charente-Maritime). L'ex-candidate à l'élection présidentielle - aujourd'hui candidate au poste de premier secrétaire du PS - suit son chemin sans s'occuper de ceux qui, même à gauche, la décrivent comme de plus en plus isolée.
Elle se veut sans concessions envers l'actuelle majorité, et surtout Nicolas Sarkozy. Son souhait : que la révision constitutionnelle - qui sera soumise demain à Versailles aux députés et sénateurs réunis en Congrès - échoue. Selon elle, c'est un texte « médiocre ». La tentative de proposer in extremis à la gauche et au centre une dose de proportionnelle pour les futures législatives ? « Un os à ronger », réplique-t-elle, cinglante. Une censure systématique ? « Je ne fais que mon devoir d'opposante. »
Malgré les ultimes concessions du gouvernement, pensez-vous que le PS doit, demain à Versailles, dire non à la révision constitutionnelle ?
Ségolène Royal. Pour que la France se réforme, il faut un Parlement plus représentatif de la société française, et surtout un Parlement - Assemblée nationale et Sénat - où chacun se consacrerait à plein-temps à sa tâche. Le mandat unique s'impose donc, et il n'en est malheureusement pas question dans le texte.
Par ailleurs, il y manque tant de choses !... Où sont les garanties
et les moyens d'indépendance de la presse ? Aujourd'hui, que
constate-t-on en effet ? Une mainmise des groupes financiers proches du
pouvoir sur les principaux médias, et la tentative de mise sous tutelle
du service public de l'audiovisuel. Il manque aussi ces deux autres
piliers que sont la démocratie sociale - on a vu récemment la façon
humiliante dont Nicolas Sarkozy traite les syndicats - et la démocratie
territoriale, avec une nouvelle étape de décentralisation qui
permettrait à l'Etat d'être plus efficace. Il ne serait donc pas moral
de donner quitus à un gouvernement qui, tous les jours, donne de
mauvais exemples de gestion des affaires publiques.
Et si on proposait in extremis au PS et au MoDem une petite dose de proportionnelle pour les législatives ?
Il s'agit de mieux faire fonctionner la République, et il y aurait des bouts d'amendement lâchés comme un os à ronger à la gauche et au centre au dernier moment par le président de la République. Ces méthodes ne sont pas sérieuses.
Si la révision échoue demain à Versailles, pourra-t-on parler d'une victoire du PS ?
Non. On pourra simplement parler d'un échec du pouvoir en place qui
a cru pouvoir acheter des parlementaires ou faire pression sur eux pour
faire adopter un texte médiocre.
Nicolas Sarkozy ironise
beaucoup sur vous : « Celle-là, si elle n'existait pas, il faudrait
l'inventer. Elle est vraiment trop. »
Il a dû faire un lapsus. Il a dû penser : « Elle est vraiment top.
Si elle n'existait pas, elle manquerait beaucoup. » (éclats de rire) A
ce niveau d'agressivité de la droite, je fais le choix de l'humour !
Que savez-vous des enquêtes menées après les cambriolages dont vous avez été victime ?
Il n'y a pas eu de cambriolages mais, pour la seconde fois, une mise à sac de mon domicile et six vols d'ordinateurs dans mon entourage proche. Je suis très étonnée que l'Elysée ait diffusé à la presse de fausses informations. Le procureur doit rester le seul habilité à communiquer. Mon avocat est en contact avec la direction de la PJ, et je tiens à remercier la police de son travail minutieux et attentif.
On laisse entendre que votre appartement ne serait pas fermé comme il devrait l'être...
Je suis une mère de famille, je vis avec mes enfants. Comme tout un chacun, j'aspire à leur sécurité. Maintenant, les intrusions, ça suffit.
Le Premier ministre souffre d'une sciatique, et Nicolas Sarkozy a laissé entendre par ailleurs qu'il serait remplacé en 2009...
C'est un manque de respect et une incroyable désinvolture de la part
du chef de l'Etat vis-à-vis de son Premier ministre. Tout le monde, il
est vrai, est malmené. La justice n'est pas respectée, le Parlement non
plus. Les syndicats sont piétinés, les services publics négligés. Les
agriculteurs et les pêcheurs ont été insultés. Et les forces armées -
contraintes de défiler le 14 Juillet devant Bachar el-Assad sans aucune
excuse de sa part pour les soldats massacrés au Drakkar - ont été
bafouées. C'est le régime du mépris généralisé, qui produit une
déchirure institutionnelle, sociale et humaine.
Que vous inspire l'état du PS ?
Le PS est la seule organisation politique qui prépare son congrès de façon aussi sérieuse même si, sans doute, les Français trouvent tout cela long et compliqué. Pour ma part, avec tous ceux qui ont travaillé avec moi, nous faisons des propositions très concrètes sur la réforme des retraites, la révolution fiscale, la réforme énergétique, etc. Notre contribution - qui a déjà reçu sur notre site plus de 6 000 signatures - s'engage très clairement sur le mandat unique des parlementaires.
Et nous nous prononçons sur les stratégies d'alliance : il faudra, le moment venu, non seulement rassembler toute la gauche, mais attirer à nous tous les démocrates et aussi toutes celles et ceux qui veulent que la France retrouve une espérance. Nous faisons aussi le décryptage de la vraie nature du sarkozysme, avec ses amis du club du Fouquet's, ces milliardaires qui ont reçu des chèques de remboursement d'impôts pendant que la majorité des Français est aujourd'hui en difficulté et que de plus en plus de catégories sociales, qui se croyaient à l'abri, sont fragilisées.
Le PS, pour être moderne, doit répondre sans tabous aux défis d'aujourd'hui. Dans le livre que je viens de publier - avec Alain Touraine -, nous nous sommes tous deux longuement arrêtés sur les questions économiques. Par exemple, le pouvoir doit cesser de camoufler son impuissance en imputant tout à la mondialisation. Il y a un autre modèle économique possible, et d'autres choix sociaux sécurisants.
L'accord dont bénéficie Bernard Tapie, dans l'interminable feuilleton du Crédit lyonnais, vous heurte-t-il ?
Le pouvoir doit s'expliquer. Tapie a-t-il bénéficié d'arrangements personnels hors normes ? Si oui, pour quelles raisons ? Pour contourner la justice de droit commun au profit d'une procédure d'arbitrage, il a fallu l'accord du gouvernement. Je note que François Bayrou - qui connaît bien Jean Peyrelevade, ancien patron du Crédit lyonnais - demande, lui aussi, une commission d'enquête.
Etes-vous inquiète de ce qui s'est passé sur le site nucléaire du Tricastin ?
La filière nucléaire est, par définition, une filière à risques. Mais ils doivent être maîtrisés, contrôlés et transparents. En tout cas, cela prouve qu'il faut impérativement garder le secteur de l'énergie et la filière nucléaire sous le contrôle de l'Etat. Parce que la sécurité nucléaire - qui impose des investissements à long terme - doit relever de la puissance publique, et pas de la loi du profit à court terme. De ce point de vue, la fusion Gaz de France-Suez, soi-disant faite pour concurrencer EDF et faire baisser les prix, ce qui est un leurre, m'inquiète.
Vous qui êtes un censeur de l'action du président de la République, et qui critiquez tant son action...
Attendez !... Quand la gauche ne réagit pas, les gens disent : mais
où est-elle ? Quand je remplis mon rôle d'opposant en disant des choses
justes et sans concessions de forme, je ne fais que mon devoir.
Nombreux sont les Français qui m'encouragent dans cette voie car ils
veulent que Nicolas Sarkozy arrête les dégâts. En plus, je ne fais pas
que combattre : je propose.
Vous en avez déconcerté plus
d'un au moment de la libération d'Ingrid Betancourt. Nicolas Sarkozy,
avez-vous dit, n'y est pour rien. Et c'est tout...
Est-ce faux ?
Ingrid Betancourt a remercié le président...
Répondez-moi. Les propos que j'ai tenus sont-ils faux, excessifs ?
Vous ne regrettez donc pas vos propos ?
Si
le responsable politique qui dit la vérité subit un lynchage médiatique
parce qu'il a exprimé en termes simples et directs la vérité des faits,
c'est curieux.
Je ne dépends d'aucun groupe financier.
Je n'ai personne à placer. Je n'ai jamais rien fait de malhonnête dans ma vie.
Donc, personne ne peut exercer sur moi un quelconque chantage : je continuerai à dire la vérité comme je la vois et comme les très nombreux Français que je rencontre me la disent avec une profonde exaspération et un besoin d'espoir auquel je veux répondre.
Propos recueuillis par Dominique De Monvalon et Henri Vernet
01 juillet 2008
La contribution de Ségolène Royal !
La contribution de Ségolène Royal !
http://www.congresutileetserein.com/files/contributionsegoleneroyal.pdf

Désirs d'Avenir 06 - http://cigales.canalblog.com - segoleneausud@gmail.com
Chère Amie, Cher Ami,
Nous tenons à vous remercier pour votre mobilisation et votre participation massive à la réunion qui s'est tenue hier soir dans les locaux de la Fédération PS.
Malgré une salle bondée et "surchauffée", vous avez été attentifs aux propos et aux explications qui ont été données par Patrick Allemand, puis par Marc Daunis, d'une part à propos de la contribution présentée par Ségolène Royal, d'autre part sur les mécanismes du congrès à venir.
Cet exercice très politique peut paraitre déroutant pour certains d'entre nous, fidèles habitués des réunions Désirs d'Avenir 06 au sein desquelles nous débattons et nous nous exprimons largement.
Néammoins, il est important aussi d'écouter et d'être parfaitement informés afin de prendre toute notre part dans ce congrès du Parti Socialiste, que nous voulons "utile et serein", mais qui n'en sera pas moins complexe et combatif.
Le nombre très important de participants à cette réunion est un encouragement formidable !
Désirs d'Avenir 06 mettra toutes ses forces et son énergie au service de la démarche de Ségolène Royal dans le cadre de ce congrès, et tous ensemble, comme nous l'avons toujours été, nous serons mobilisés dans ce département pour la soutenir.
Comme vous l'avons indiqué hier soir, il est important de démontrer notre détermination, notamment par le biais des signatures sur la contribution "Combattre et Proposer".
Les contributions seront déposées demain.
Pour l'instant, il est encore temps de faire signer autour de vous et pour ceux qui auraient oublié de le faire, c'est maintenant !
http://formulaire.congresutileetserein.com/
Pour consulter et signer la contribution :
Merci à tous, et soyez plus que jamais assurés de notre détermination
Valérie Nucera et Frédérique Grégoire
16 juin 2008
Déclaration de principes du PS, analyse de Ségolène

Déclaration de Ségolène Royal sur la Déclaration de principe du Parti socialiste.
Demain, lors de la Convention nationale, les socialistes vont adopter leur nouvelle déclaration de principe.
Je sais qu’il y a bien du scepticisme autour de cette démarche, et ce n’est pas l’adoption unanime d’un texte qui suffira d’ailleurs à le lever, chacun le sait.
Mais je veux vous convaincre que cet exercice n’est pas anodin.
Ce texte, c’est en quelque sorte la carte d’identité du Parti socialiste. C’est celui qui permet à chaque militant, chaque adhérent, de répondre aux questions simples qui nous sont parfois posées : Qu’est-ce qu’être socialiste ? Pour qui, pour quoi luttez-vous ? Comment vous situez-vous par rapport au capitalisme et à l’économie de marché ? Quel est votre idéal ? Quels sont vos moyens d’actions ?
Ces derniers temps, les socialistes pouvaient donner l’impression qu’il y avait autant de réponses à ces questions (pourtant anciennes) que de dirigeants ! Il n’est donc pas inutile d’y mettre bon ordre, d’actualiser nos valeurs, nos références, nos principes.
Il y a dans cette nouvelle déclaration de principe des avancées qui méritent d’être soulignées. Les idées font leur chemin car, avec ce texte, bien des acquis de la campagne présidentielle font leur entrée dans la carte d’identité de notre parti.
En voici quelques exemples parmi d’autres :
- L’écologie : La déclaration de principe dit que le socialisme moderne a pour tâche essentielle, avec l’émancipation sociale, la sauvegarde de la planète et l’invention d’un nouveau modèle de développement, en rupture avec le productivisme qui a longtemps fait partie des références à gauche. Certes, il était temps. Mais c’est la première fois que l’environnement acquiert cette place centrale dans une déclaration de principe socialiste.
- Le PS réaffirme qu’il incarne une critique du capitalisme plus que jamais d’actualité à l’heure de la mondialisation et de la financiarisation. Ici, rien de neuf, mais cela va mieux en le disant ! Surtout, la déclaration clarifie ce que nous opposons au capitalisme: une économie sociale et écologique de marché, combinant secteur privé dynamique et secteur public efficace.
- La démocratie est affirmée comme une fin et un moyen dans ses quatre piliers : démocratie politique et démocratie sociale, démocratie représentative et démocratie participative.
- Et puis, de nombreuses références sont inscrites dans notre déclaration de principe pour la première fois : la place centrale du travail et le refus de l’assistance, une conception exigeante de la citoyenneté comprenant droits et devoirs, la sécurité des biens et des personnes pour tous, notre définition de la Nation française, le féminisme, des affirmations telles que « le PS est un parti décentralisateur » qui hier auraient soulevé de longs débats...
- S’y ajoute le respect des règles et des militants et l’exigence que les décisions collectives soient respectées.
Bien sûr, cette nouvelle déclaration ne clôt pas notre débat de congrès, elle l’ouvre. Elle n’est pas un aboutissement de la rénovation, mais un point de départ. Mais que tout cela soit désormais inscrit dans le patrimoine commun des socialistes, et qu’ils se rassemblent autour de lui, oui, je m’en félicite.
03 juin 2008
Libéralisme, vous avez dit Libéralisme ?
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[02/06/08]
![]() Ce que j’ai toujours dit sur la question du libéralisme et ce que je redis |
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Pour répondre à ceux qui déforment mes propos, voici d’abord les
citations complètes de ce qu’ai dit et écrit sur le sujet :CITATIONS 1) « Dimanche + », le 25 mai 2008 «(…) Il faut rassembler les socialistes sur les valeurs qui sont les nôtres et en l’occurrence, je crois qu’il y a déjà beaucoup à faire pour redéfinir le contenu du mot socialisme, c'est-à-dire pour l’adapter aux défis du temps présent qui n’existaient pas au XIXe siècle. Les déplacements massifs de population, le réchauffement planétaire, les grandes pandémies, les masses financières qui se déplacent à l’échelle planétaire à la recherche de placements spéculatifs, la crise alimentaire qui est due à la spéculation sur les denrées alimentaires. Donc ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est comment, avec de nouvelles règles et de nouveaux principes,on garantit à chacun l’accès au bien public collectif, c'est-à-dire manger, se loger, s’éduquer, se soigner et travailler ou être utile aux autres. Donc dès lors que l’on pourra garantir à chacun, d’abord en France mais aussi à l’échelle planétaire, ces fondements même de la dignité humaine, alors le socialisme aura réalisé un idéal (... ). » « (…) Ce que je pense, simplement, c’est qu’il y a déjà beaucoup à faire pour redonner de la modernité, un nouveau souffle au socialisme. Le mot libéralisme est le mot de nos adversaires politiques et je crois que le socialisme a déjà intégré tout l’héritage des droits et des libertés individuelles. Les socialistes et la gauche sont issus de la déclaration de 1789, de la Convention européenne de droits de l’Homme, du combat de JAURES pour DREYFUS, du combat de François MITTERRAND et de BADINTER contre la peine de mort, donc les droits et les libertés individuelles font partie de notre patrimoine commun. C’est très important, faut-il aller donc jusqu’à réhabiliter ce mot de libéralisme ? Non ! (…) » « (…) Le mot libéralisme a des connotations positives dans certains autres pays, par rapport aux Etats-Unis. En France, non. Il est tellement chargé et tellement synonyme aujourd’hui de capitalisme débridé et de dégâts et d’écrasement des bas salaires, d’insécurité, de creusement des inégalités et donc de violence, qu’il fournit de la violence (…). » (…) Ce qu’a dit Jaurès sur la question est très important parce que c’est très moderne. Ça reste très moderne, parce qu’il avait déjà intégré cet héritage-là, des droits et des libertés individuelles, au socialisme… mais agrandi à la dimension sociale de l’homme. Et aujourd’hui qu’est-ce qu’il nous manque dans le monde dans lequel nous sommes, par rapport à toutes ces souffrances, par rapport à ces 5 euros, qu’est-ce qui nous manque ? Il nous manque du social, et les socialistes ne sont pas pour le social contre l’économique, ils pensent que l’un ne va pas sans l’autre (…). » 2) Le Point du 27 mars 2008 « De quel libéralisme parle-t-on ? Si c’est du libéralisme politique, il est depuis l’origine indissociable du socialisme démocratique. Voyez Jaurès justifiant contre Jules Guesde la défense du capitaine Dreyfus et affirmant que « l’individu est la mesure de toute chose ». La liste serait longue de la contribution des socialistes au renforcement des libertés individuelles et politiques ! » « Mais si vous appelez libéralisme cette idéologie du laisser-faire, du laisser-aller, alors oui, le socialisme ne mange pas de ce pain-là (…). » « La bonne question est : que fait-on pour que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée à une société prise en otage par les intérêts particuliers, mais pour qu’ils servent au bien-être de tous ? Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge. On attend de nous une autre façon de produire les richesses et de les distribuer. On me disait par exemple qu’il était impossible de conditionner les aides aux entreprises à l’interdiction de délocaliser ou de licencier en cas de bénéfices ; je l’ai fait en Poitou-Charentes et nous sommes aujourd’hui l’une des régions mieux placées en termes de créations d’entreprises ! » 3) Maintenant, Ségolène Royal répond à Marie-Françoise Colombani, Hachette Littératures, mars 2007 "Nous, socialistes, nous sommes des libéraux au sens politique originel car nous sommes ardemment attachés aux libertés individuelles et démocratiques. (...) Donc, pas question de jeter l'opprobre sur le mot lui-même (…). (...) Mais si vous entendez par libéralisme cette conception de l'économie, je dirais même ce dogme ou cette idéologie, qui confie aux marchés, et aux marchés seulement, la régulation des sociétés, alors, oui, je pense que le libéralisme est l'ennemi de la justice sociale." COMMENTAIRES Suite à ce que j’ai dit, voilà ce que je voudrais rajouter : Sur le « libéralisme » Une chose est de « ne pas jeter l’opprobre » sur le mot, mot qui a eu un sens face aux despotismes et au totalitarisme, notamment collectiviste, une autre est d’en faire aujourd’hui son étendard et de se l’approprier au point d’affaiblir le socialisme. Le mot « libéral » a un sens, et ce sens, c’est celui que nos adversaires lui ont donné. Le libéralisme a été préempté par une droite dure et, aujourd’hui, c’est le mot d’un capitalisme inquiétant, même lorsqu’il n’est pas accompagné du terme d’ « ultra ». Les libertés politiques et les droits de l’homme sont intégrés dans le socialisme démocratique depuis bien longtemps. Il est donc inutile de se dire libéral. C’est une source de confusion et c’est dangereux. La modernité politique ne passe pas par l’acceptation d’un libéralisme qui, à force de déréglementation, symbolise la perte de repères et l’écrasement de la personne humaine. Elle passe par la définition d’un socialisme du 21ème siècle, qui aille au-delà de simples ajustements à la marge des méfaits du libéralisme. Notre désaccord avec la droite porte sur la protection des libertés et la définition de nouveaux droits, mais aussi sur la politique économique et sociale (paquet fiscal, franchises médicales, casse de l'éducation nationale, abolition des 35h, retraites…). Se dire libéral et socialiste, c’est laisser croire que le socialisme ne parle pas de l’individu, de la liberté ou de l’efficacité économique et qu’il a besoin pour cela de l’apport du libéralisme. Or rien n’est plus faux. Car être socialiste, c’est : - voir que les services collectifs rendent les individus plus forts et d’une certaine façon plus libres (comment être libre quand on n’arrive pas à se loger, à se nourrir, ou quand on sort du système scolaire sans qualification ?) ; - mettre les sécurités et la solidarité au service de la libération des énergies et de la prise de risque (comment avoir l’esprit d’entreprise quand on vit dans l’incertitude et la précarité ?); - faire de la lutte contre les inégalités un moyen pour que chacun contribue à la richesse du pays et à sa compétitivité (comment se priver du dynamisme des jeunes des quartiers populaires ?) ; Le socialisme n’a pas besoin de se dire libéral. En luttant contre les inégalités, il réalise, lui, la promesse de liberté que ne tient pas le libéralisme. Le socialisme est un dépassement du libéralisme et pas une doctrine d’appoint. Sur la question du Parti et des alliances Nous voulons d’abord un parti fort car ouvert sur la société, ferme sur ses convictions et ses valeurs. Le parti socialiste doit être un centre de gravité pour la gauche. Une fois qu’il aura réaffirmé ses valeurs et défini son projet, tous ceux qui partageront ses ambitions, à gauche comme au centre, pourront nouer des alliances avec lui. |
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07 mai 2008
Ségolème parle de Sarkozy, Président de la régression sociale
Lu dans l'hebdo des socialistes
Un an après, le désir de rupture »
« Nicolas Sarkozy, Président de la régression sociale »
Candidate
socialiste de l’élection présidentielle 2007, Ségolène Royal dresse le
bilan de la première année de Nicolas Sarkozy au pouvoir. La présente
de la région Poitou-Charentes tire les conséquences d’une année où les
Français ont vu leur pouvoir d’achat s’amoindrir et appelle à une
opposition constructive contre « injustices profondes ».
Quel bilan faites-vous de cette première année de pouvoir ?
C’est une année perdue. Il y a eu bien sûr le fiasco du paquet fiscal, avec 15 milliards d’euros chaque année et notamment un bouclier fiscal qui rapporte 350 millions d’euros à 20 000 personnes. Je rappelle au passage que contrairement à ce que dit Nicolas Sarkozy, la plus grande partie des 5 Milliards d’euros consacrées aux heures supplémentaires vont …aux entreprises, et non aux salariés concernés. Ces derniers ne touchent en moyenne que 4 euros pour 45 minutes de travail en plus! Je rappelle aussi que la déduction fiscale des intérêts d’emprunts ne profite trop souvent qu’à ceux qui seraient de toute façon devenus propriétaires… Les autres, qui auraient besoin d’être aidés, en sont pour leurs frais.
Les caisses de l’Etat ont été vidées, comme l’a lui-même reconnu Nicolas Sarkozy, et cela n’a provoqué aucun retour de la croissance. Au contraire, la rigueur est déjà là. La grande majorité des salariés paie pour les dépenses inefficaces et injustes de ce gouvernement et subit la hausse des prix sans que le pouvoir ne réagisse. Dernier exemple en date, le RSA, qui était au départ une bonne idée, sera financé par la suppression de la Prime pour l’emploi pour cinq millions de salariés modestes. Au lieu d’être le président du pouvoir d’achat, il est président de la régression sociale et de la baisse du niveau de vie.
Vos craintes ont donc bel et bien été confirmées ?
Oui. Nicolas Sarkozy paie aujourd’hui pour ses promesses inconsidérées. Nous savions que ce qu’il promettait ne serait pas tenu. Cette conception du pouvoir et de la politique, je l’ai dénoncée pendant la campagne et je continue de la critiquer. Dans un contexte de crise et d’angoisse, la posture consistant à annoncer qu’on allait régler tous les problèmes a d’abord rassuré. Mais c’était une imposture qui aujourd’hui conduit à une déception cruelle. Le résultat est une grave crise politique et morale qui rend toute réforme impossible. On n’avait jamais vu, en France, des manifestations de retraités et de handicapés. Car ces fameuses « réformes » menées, elles ont été soit injustes, soit partielles, soit les deux… et elles sont de plus en plus désordonnées.
J’ajoute que sa pratique du pouvoir a été hyperpersonnalisée et d’une grande désinvolture. Le résultat, c’est qu’au lieu d’un choc de confiance, on a un choc de défiance. Ce président avait beaucoup de cartes en main il y a un an : il les a gaspillées. Il ne faut pas s’en réjouir. La situation de la France est grave aujourd’hui.
Expliquez-vous l’impopularité de Nicolas Sarkozy après cette première année à la tête de l’Etat ? Et si oui, comment ?
Je crois que l’impopularité record de Nicolas Sarkozy, un an à peine après son élection, est due avant tout à l’échec sur le pouvoir d’achat, même si son comportement personnel cet hiver a rendu cet échec encore plus insupportable. La déception est d’autant plus forte que les attentes étaient grandes. Il a promis la rupture, mais il conduit tout simplement une politique de droite. Lorsqu’ils regardent autour d’eux, les gens, même ceux qui ont voté pour lui, se rendent compte que rien n’a changé en mieux depuis l’élection présidentielle.
A quoi le pays doit-il s’attendre aujourd’hui, et comment l’opposition doit-elle réagir ?
Il ne faut pas s’attendre à autre chose qu’une rigueur qui ne veut pas dire son nom… La dernière émission du président n’a rassuré personne sur ce point… et sur les autres. Aujourd’hui, nous avons le devoir de lui rappeler sans cesse ses engagements de campagne, sur les petites retraites, sur les salaires, ainsi que sur la politique étrangère. Nous avons le devoir de dénoncer les contre-vérités ou les approximations, elles ont été nombreuses jeudi soir dernier. Par exemple sur l’éducation nationale, où il donne l’image d’une France en situation d’échec pour justifier des suppressions de postes aveugles qui pénalisent de façon scandaleuses de nombreux territoires. Ou encore sur les retraites, car c’est bien la baisse des pensions qui est programmée si on ne parvient pas à résoudre la question de l’emploi des plus de 55 ans et si on ne parvient pas à prendre en compte la pénibilité des métiers.
Nous avons enfin le devoir de montrer qu’une autre politique est
possible, donc de marteler nos contre propositions.
Elles passent par l’annulation du paquet fiscal et sa redistribution d’abord sur le pouvoir d’achat, notamment à travers une baisse de la TVA et le doublement de la prime pour l’emploi, mais aussi sur l’innovation et la recherche, enfin sur le désendettement. Mais il nous faudra aller plus loin. Les Français nous l’ont dit lors des dernières élections municipales et cantonales : ils n’en peuvent plus de ce désordre permanent et de cette injustice profonde. Et en même temps, ils ont su être attentifs à nos projets locaux, qu’ils ont soutenus par un vote de d’adhésion. Nous devons à la fois protéger, imaginer et apporter la preuve de l’efficacité de l’action politique au service d’un idéal !
Propos recueillis par Ariane Vincent
27 avril 2008
Lu sur un blog ... http://lalettredejaures.over-blog.com/article-19014271.html
Que disait Ségolène Royal, l'an dernier à la même époque ?
1. NICOLAS SARKOZY c'est la précarité de l'emploi généralisée.
Le
candidat de l'UMP veut "fluidifier" le marché de travail en instaurant
un contrat unique calqué sur le CNE /CPE. Avec lui, c'est la fin des
CDI, la fragilisation des droits des salariés et la précarisation
généralisée de l'emploi. Il l'a d'ailleurs reconnu : "Le CNE est un
progrès, il ne faut pas y toucher " (24 janvier 2007)
2. Nicolas Sarkozy, c'est la remise en cause des acquis sociaux.
Dans son programme, le candidat de l'UMP défend l'idée que les chômeur
s devront dorénavant exercer une activité pour pouvoir bénéficier
d'allocations chômage ou le RMI. Voilà le retour des travaux forcés !
3. Nicolas Sarkozy, c'est l'instauration de la sélection à l'entrée de l'université.
Cherchant à mettre en concurrence les universités publiques et privées,
Nicolas Sarkozy veut restreindre l'accès à l'université des bacheliers
par la sélection.
4. Nicolas Sarkozy, c'est le développement de l'école privée au détriment du public.
Nicolas Sarkozy, en tant que président du Conseil général des
Hauts-de-Seine, continue à financer largement la "fac PASQUA&quo t;
avec des fonds publics. Dans la même logique, il souhaite promouvoir
les écoles privées et supprimer les Zones d'Education Prioritaires qui
permettent pourtant de donner plus de moyens aux établissements des
quartiers les plus défavorisés.
5. Nicolas Sarkozy, c'est la société des héritiers.
"Tout devient possible"... pour les plus riches ! En se prononçant pour
la suppression des droits de succession, Nicolas Sarkozy construit un
système qui va reproduire, génération après génération, les inégalités
plutôt que de les réduire. C'est la concentration des richesses dans
les mains des héritiers.
6. Nicolas Sarkozy, c'est la fin de la sécurité sociale.
En instaurant une franchise pour les remboursements de soins et en
favorisant le développement du secteur privé, Nicolas Sarkozy met
profondément à mal la sécurité sociale et ouvre la voie à la
privatisation totale du secteur de la santé en France.
7. Nicolas Sarkozy, c'est une France atlantiste.
A plusieurs reprises, le candidat de l'UMP s'est prononcé pour un
rapprochement entre la France et les Etats-Unis dont il est fasciné.
Fustigeant "l'arrogance française", Nicolas Sarkozy privilégie l'axe
franco-américain à la construction européenne.
8. Nicolas Sarkozy, c'est le "tout répressif".
Alors que la politique de
lutte contre l'insécurité qu'il a mené depuis plusieurs années, a eu
des résultats désastreux, Nicolas Sarkozy compte poursuivre le "tout
répressif" en abaissant la majorité pénale de 18 à 16 ans et en
multipliant les mesures sécuritaires et inhumaines.
9. Nicolas Sarkozy, c'est la remise en cause des libertés publiques.
Au nom de la lutte contre l'insécurité, le Ministre de l'Intérieur a
déjà rogné de nombreux droits fondamentaux et fragilisé le principe de
séparation des pouvoirs en stigmatisant les magistrats et les décisions
de justice. Dans la même logique, Nicolas Sarkozy remet, par exemple,
en cause le droit de grève.
10. Nicolas Sarkozy, c'est la stigmatisation des plus précaires.
Profondément populiste, le candidat de l'UMP cherche en permanence des
bouc-émissaires pour expliquer ses échecs. Dans son projet, il
s'attaque de nouveau aux plus démunis et aux immigrés. En limitant
l'immigration aux seuls besoins du marché, Nicolas Sarkozy réduit les
étrangers à une seule force de travail sans considération pour leur
équilibre social et familial.
C'était le 23 AVRIL 2007. Ce document était intitulé : "Dix bonnes raisons de faire barrage à Sarkozy"
08 avril 2008
Ségolène et l'humour ... la campagne contre Ségolène continue
Ségolène Royal : Repondez leur avec humour
envoyé par segoleneparis
Je vous invite à parcourir cet article interessant :
http://www.intox2007.info/index.php?post/2008/04/07/Attention-coups-detat-en-cours
05 avril 2008
Le Parti Socialiste et les Français
Consultation participative : comment le Congrès du PS peut-il
être utile aux Français ?
Dans
un monde qui se transforme à vive allure et dans une France où même ceux qui se
croyaient à l’abri sont en proie à l’inquiétude, les socialistes doivent
répondre à de nouvelles questions.
Aujourd’hui la précarité envahit tout,
l’initiative économique est en panne, les inégalités n’ont jamais été aussi
insolentes, l’incertitude pèse sur le rôle de la France dans le monde. Nous
devons apporter la preuve de l’efficacité de l’action politique et la mettre au
service de notre idéal commun.
Nous lançons cette consultation
participative dans la cohérence des valeurs bâties pendant la campagne
présidentielle et dans la volonté de prolonger les voies tracées par les Forums
de la rénovation du PS.
Sachant que les questions bien posées permettent
les réponses pertinentes, nous pensons utiles de prendre un temps pour bien
formuler les questions à trancher (3), en s’appuyant sur les sources
d’inquiétudes des Français (1) et sur nos valeurs (2).
C’est pourquoi ce
document propose, sur cette base, de lancer des discussions et de susciter des
réactions : vous pouvez modifier ou compléter la formulation des thèmes qui vous
sont proposés. Un site Internet sera spécialement ouvert pour cela.
Ce
questionnaire est une étape très importante pour structurer le travail de fond
qui, enrichi par ces échanges, aboutira à une proposition prenant la forme d’une
contribution au Congrès du PS.
La consultation s’adresse aux militants du
PS, en lien avec les sympathisants et les forces vives qui attendent beaucoup de
nous face aux dégradations de toutes sortes commises par la droite.
L’une des questions majeures autour de laquelle s’organise notre
réflexion est la suivante : définir les droits et les devoirs des responsables
politiques, de la société et des personnes, de telle sorte que la liberté de
réussir sa vie ne soit pas le privilège de quelques uns mais l’ambition garantie
à tous.
1) Les dix sources d’inquiétude des
Français
- un capitalisme qui perd la tête ;
- la dégradation du niveau de vie ;
- les fragmentations et le descenseur social à l’intérieur ; la perte de compétitivité de la France à l’extérieur ;
- l’affaiblissement de la valeur travail et l’exagération de la valeur du capital ;
- le trouble qui pèse sur l’identité française, secouée par les peurs de l’autre ;
- le doute sur l’efficacité de l’Etat ;
- le scepticisme sur la réalité de l’égalité des chances par l’école ;
- l’Europe perçue comme indifférente au sort des citoyens ;
- les désordres du monde et les interrogations sur la fin de l’hégémonie occidentale ;
- une planète menacée d’autodestruction.
2)
Les sept valeurs et objectifs qui nous guident
- Le monde a changé. Le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission.
- Le bien-être de tous exige que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée au service d’intérêts particuliers.
- La volonté publique et l’Etat organisent la conciliation de l’intérêt général et des préoccupations des gens, notamment à travers les services publics.
- La lutte contre toutes les formes d’injustices et de discrimination est au cœur du droit de chacun à la réussite individuelle.
- Les socialistes doivent participer à la construction d’un ordre économique, social et écologique juste, au niveau mondial comme au niveau national.
- Au niveau national comme au niveau local, le socialisme défend la complémentarité qui unit la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie sociale.
- La laïcité est le fondement de la République et de l’identité française, enrichie par le métissage.
3)
Les dix questions à trancher
- Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l’opposition et un conformisme économique au pouvoir : de quelle façon ?
- Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?
- Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?
- Il faut pousser l’agilité des entreprises, le goût du risque et l’esprit d’entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?
- Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l’entreprise ?
- Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s’attaquer aux injustices sociales ?
- Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?
- Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?
- Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?
- Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?
--
Premiers
coauteurs de ce document : les membres du conseil politique, qui se réunit le
mardi autour de Ségolène Royal, les responsables des groupes de travail (par
exemple sur la santé), des présidents de régions et élus qui suivent et
participent aux réunions. Cette liste est ouverte à toutes celles et tous ceux
qui voudraient participer à l'initiative que nous lançons.
Ségolène
Royal
François Rebsamen
Vincent Peillon
Jean Louis Bianco
Manuel
Valls
Gilles Pargneaux
Delphine Batho
David Assouline
Guillaume
Garot
Aurélie Fillipetti
Michel Sapin
Jean-Pierre Mignard
Jean-Jack
Queyranne
Jacques Auxiette
Nadjat Belkacem
Pascal Terrasse
Dominique
Bertinotti
Michèle Delaunay
Jean Guerard
04 avril 2008
Retour dans l' OTAN
Une défense européenne, vite !
Le retour dans le
commandement militaire de l'OTAN, pour quoi faire ?
26
avril 2007 : le candidat Sarkozy estime que la présence à long terme des troupes
françaises en Afghanistan n'est pas décisive. Il se déclare même prêt à
poursuivre la politique de rapatriement de nos soldats, alors engagée par
Jacques Chirac. 27 mars 2008, soit onze mois plus tard : en voyage officiel à
Londres, Nicolas Sarkozy annonce l'envoi de 1 000 hommes supplémentaires à ceux
qui sont déjà présents en Afghanistan.
Je me suis prononcée contre cette
fuite en avant. Car les risques d'enlisement sont trop forts ; car les
objectifs n'en sont pas définis ; car on ne peut risquer la vie de nos soldats
sans savoir quels sont les objectifs de leur mission ; car il faut en priorité
donner au gouvernement d'Hamid Karzaï les moyens d'assurer la stabilité de
l'Afghanistan.
Et puis Nicolas Sarkozy oublie sciemment qu'en 1991,
François Mitterrand avait souhaité un vote du Parlement sur la présence des
forces françaises en Irak… La réforme des institutions et le renforcement du
rôle du Parlement promis par le candidat Sarkozy sont clairement jetés aux
oubliettes.
Plus grave encore, lors du Sommet de Bucarest, Nicolas
Sarkozy a fait prendre à la politique étrangère de la France un virage
périlleux. En réintégrant le commandement militaire de l'OTAN, il prétend ainsi
redéfinir notre rapport à l'Alliance atlantique et, en même temps, renforcer
l'Europe de la défense.
Mais où est passé le « Livre blanc de la Défense
», en préparation depuis plusieurs mois et qui devait être soumis au Parlement ?
Personne ne l'a encore vu… et lorsqu'on débattra de ses orientations, il sera
déjà trop tard. Car entre temps, c'est toute notre politique depuis 1966 qui
aura été remise en cause.
Le degré de notre participation à l'Otan est
une question fondamentale qui ne doit pas être taboue et dont nous pouvons tout
à fait débattre. Mais la France a-t-elle intérêt à se ranger dans le camp
atlantiste, sans garantie d'obtenir quelque chose en retour ? La France est-elle
attendue et bienvenue dans un commandement militaire qui s'est fait sans nous
depuis 42 ans ? Un retour actif à l'Otan permettra-t-il véritablement de
renforcer la PESD ?
Sous couvert de préparer la présidence française de
l'Union européenne et d'amorcer le développement de la défense commune, Nicolas
Sarkozy ne vise, en réalité, qu'une chose : réintégrer pleinement l'OTAN pour
inscrire sans réserve notre pays dans « le camp occidental » et satisfaire son
« obsession atlantiste », comme l'a formulé Jean-Marc Ayrault, le 1er avril à
l'Assemblée nationale. Une option idéologique dangereuse, selon moi, à l'heure
où certains poussent au conflit des civilisations. Et alors que les Etats-Unis
ne semblent pas disposés, en matière de défense, à déléguer leur autorité. Ce
faisant, Nicolas Sarkozy affaiblit la position européenne au sein de
l'Otan.
L'intérêt et la sécurité de la France passent sans conteste par
la mise en œuvre d'une vraie PESD, tout en continuant de travailler étroitement
avec nos alliés. Au sein de l'Alliance, lourde et grosse machine, la France
seule ne pourra jamais peser sur les orientations et les décisions stratégiques.
Nous devons donc absolument profiter de notre autonomie pour rassembler nos
partenaires européens autour d'une Europe de la défense cohérente et efficace,
et avoir ensuite voix au chapitre au sein de l'Otan. À nous aussi de faire
preuve d'exemplarité dans notre engagement en Europe, afin de vaincre les
réticences de nos partenaires.
Ségolène
Royal
30 mars 2008
De l’utilité des nouveaux médias Ségolène Royal
Vendredi
28 mars 2008
De l’utilité des nouveaux
médias
Quand on parle d’information sur Internet, les
sirènes hurlent souvent à l’intox ou la rumeur. Aujourd’hui, le web a démontré,
grâce à sa réactivité, son rôle de vigie citoyenne, en dénonçant un titre
totalement abusif du Figaro.
Dans son édition papier, le titre de la page 3,
qui prétend que « pour 58 % des Français, le style Sarkozy a changé en bien »
est une contre-vérité. En réalité, le sondage d’OpinionWay montre que 49 % des
Français estiment que Nicolas Sarkozy exerce sa fonction de président de la
République de manière différente. Une minorité donc. Parmi cette minorité, 58 %
trouvent qu’il a changé plutôt en bien. Or, 58 % de 49 % font 28 % seulement de
la totalité des Français, comme le souligne intelligemment le site internet Le
Post
Alors que les médias traditionnels ont repris toute la journée
le titre trompeur, les internautes ont été décortiquer eux-mêmes les résultats
d’un sondage utilisé à des fins de propagande grossière.
Je rajouterai à
leur analyse pertinente le commentaire suivant. En page 15, les sondeurs d’OpinonWay, demandent aux
Français ce qu’ils pensent des alliances que le Parti socialiste pourrait
privilégier à l’avenir. Trois solutions basiques sont offertes aux sondés. Mais
OpinionWay n’examine à aucun moment l’hypothèse d'un rassemblement à gauche,
suivi d'une alliance avec le MoDEM.
Je le répète : il faut d’abord
construire un Parti socialiste fort. C’est ce parti qui sera ensuite capable de
nouer des alliances à gauche et, chaque fois que cela est possible, au centre.
Citoyens électeurs, prenez garde aux sondages qui déforment la réalité !
Ségolène
Royal

Pour répondre à ceux qui déforment mes propos, voici d’abord les
citations complètes de ce qu’ai dit et écrit sur le sujet :
